Partager l'article ! MICHEL BOUJENAH – OLYMPIA jusqu’au 20 Mars 2010: « ENFIN LIBRE », c’est le titre du nouveau spectacle de Michel Boujenah. E ...
Chantal Sutton
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« ENFIN LIBRE », c’est le titre du nouveau spectacle
de Michel Boujenah. Et c’est vrai, il fait enfin ce qu’il veut, il dit enfin ce qu’il veut.
Il a changé notre « Boujenah ». Le petit « Tune » a réussi comme il le raconte dans son spectacle à casser le « mur de boulettes de sa mère ». Ah, les fils des mères juives, toute une histoire ! Ceux qui ont déjà été invités à dîner chez une famille juive tunisienne pour le couscous du vendredi soir avec les fameuses « boulettes », comprendront mieux le spectacle ; l’importance culinaire mais aussi l’importance d’attachement du fils à sa mère à travers ce dîner rituel du vendredi soir, et chez les Tunisiens surtout à travers ce détail d’importance que représentent ces « fameuses boulettes ».
Michel Boujenah réussit grâce à une nouvelle forme d’humour, un humour libéré (au risque de déplaire à ceux
qui aimaient son « maxo » d’autrefois) à faire terriblement rire.
Il est loin le
Michel Boujenah des « Magnifiques » (1984). Depuis, il est devenu acteur et même réalisateur (Le nombril du monde, Père et Fils, 3 amis…) puis en 2007, directeur artistique du
Festival de Ramatuelle. Aujourd’hui, il est le merveilleux produit du mélange des cultures. Ce Michel Boujenah, enfin libre (ou presque), introduit dans son nouveau spectacle de la politique
(Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, et d’autres) qu'il caricature avec ce nouvel humour ; il est drôle mais jamais cruel, jamais vulgaire. Il nous crée également un scénario à partir des livres de
la neurobiologiste Lucy Vincent ("Comment devient-on amoureux ?" "Où est passé l’amour ?"). Il tourne en dérision la fameuse hormone qui attache, cette ocytocine dont certains êtres
refusent la présence en eux, tant ils ont été touchés par les souffrances de la vie. Et comme toujours avec Michel, grâce à sa générosité et à sa tendresse naturelles, il alterne humour
et moments de grande émotion.
Cet homme de 55 ans tire enfin la quintessence de sa vie. Il aime jouer avec la langue française, nous cite des phrases avec des mots choisis dans cette si jolie langue et jongle avec : Naître, grandir, jouer, pleurer, parler, AIMER, enfin vivre, et puis mourir…. Mais pas tout de suite… mais pas tout de suite... ». Il pourrait presque être comparé aujourd’hui au grand Raymond Devos pour devenir le « DEVOS » de l’intégration. Michel Boujenah montre bien à quel point l’intégration est une chance, et combien intégration ne veut pas dire assimilation. A travers tous les personnages du spectacle (Maxo, sa femme, sa nièce, sa soeur, son fils.....), Michel arrive à démontrer qu'on ne peut être "enfin libre" qu’en cassant "son mur de boulettes », cette fameuse pression familiale, culturelle et sociale que peu malheureusement arrivent à briser (encore faudrait-il avoir l’ouverture d’esprit que cela requiert). C’est tout cela qui transparait de ce spectacle et bien d’autres choses encore.
Le spectacle dure très peu de jours à l’Olympia (puisqu’après le 21 mars, la salle était déjà réservée par un autre artiste). Chaque soir, il est différent, il
s’adapte au public et l’interpelle autrement en fonction de son imagination et au gré de ses improvisations.
Espérons qu’il trouvera une autre salle parisienne pour reprendre son spectacle ( après l’avoir affiné
tout au long de sa tournée provinciale), mais pour le cas où cela ne serait pas possible, précipitez-vous avant le 20 mars à l’Olympia car cela en vaut vraiment la
peine.
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