Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

JUSTINTERESTING

Cinema, Théâtre, Spectacles mais aussi vie quotidienne.... à partir du moment où c'est ..."Justinteresting".

LEBANON – SAMUEL MAOZ – LION D’OR VENISE 2009

PHOTO-DEFINITIVE-POUR-LEBANON-BLOG.jpgLEBANON (LIBAN en Hébreu) sera en salle mercredi 3 février. J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cet article. Je n’ai jamais été attirée par les films de guerre ; et en aucun cas par ceux qui soulagent les maux du réalisateur sans se soucier des « dommages collatéraux » occasionnés. Volontairement,  Je n’ai vu ni «Kippour », ni « Beaufort », ni « Valse avec Bachir ». Mais l’affiche du film LEBANON dans le métro m’a interpellée –un tank isolé dans un champ de tournesols- j’ai cru que l’histoire portait sur Liban 2006 (période où j’étais à Tel Aviv). Erreur, c’était Liban 1982.

Quelques mots sur le « pitch » : en préambule, « âmes sensibles, personnes fragiles et claustrophobes » s’abstenir. L’histoire se passe à l’intérieur d’un tank, c’est un film dur, un film de guerre, un film éprouvant. L’histoire raconte la vie d’un citoyen israélien, Shmulik (Samuel en Français) qui fait son service militaire (trois années obligatoires pour les garçons) juste au moment où l’offensive au Liban est décidée  par le gouvernement en 1982. Pas de chance. Il a 20 ans et il est soldat dans le premier tank qui entre au Liban . Il n’a pu sortir de cette douloureuse histoire qu’en réalisant ce film. Toutes les guerres sont sales et Samuel Moaz ne se prive pas de faire ressentir au spectateur la saleté (au sens propre comme au figuré). Plus on avance dans le film, et plus naît en soi une immense peine pour ces soldats qui ne reverront plus, pour certains leurs parents, pour d'autres leur femme ou leurs enfants, et qui n’auront pas eu droit à une vie d’adulte.

 

Dans le dossier de presse qui nous a été remis avant le film, on peut lire des extraits d’articles :

Les phrases du journal  La Croix «Méditation saisissante sur l’homme dans la guerre » et  celle du Herald Tribune  «un film puissant et viscéral » me paraissent bien correspondre au film.

 

Un  peu débordée par les émotions de toutes sortes ressenties pendant la séance, j’ai demandé à la fin du film aux journalistes qui m’entouraient ce qu’ils en pensaient. Selon leurs convictions religieuses ou politiques, les réponses étaient bien évidemment très différentes. Mais il y avait tout de même un consensus sur le fait qu’il s’agissait « d’un  film fort », film qui d’ailleurs a obtenu le « Lion d’Or » au Festival de Venise 2009.

 

ELLE Magazine paru cette semaine lui attribue 4 rectangles (le maximum). L’article écrit par une femme, Françoise Delbecq commence par « Attention, « Lebanon » est un nouveau voyage au bout de l’enfer » et le compare à « Apocalypse now ». Elle termine par « Film de guerre, bien sûr, mais aussi film d’apprentissage. « Lebanon » est surtout un très beau film ».

 

Deux jours avant le visionnage du film, j’avais, par hasard, assisté à une discussion fort animée entre deux israéliens. L’un était retraité et avait fait plusieurs guerres, l’autre avait à peine 22 ans, s’appelait Yesham et venait de finir ses trois années d’armée obligatoires. Comme beaucoup de jeunes, il faisait un tour d’Europe (impératif psychologiquement) pour élargir son horizon avant d’entrer à l’université. Yesham  avait entendu parler du film en Israël et disait qu’il n’avait pas été apprécié du public ; Dans l’article du Monde Magazine de samedi 30 janvier consacré au film, le journaliste  écrit : « les Israéliens parlent avec difficulté de la guerre, quand ils en parlent » et conclut par cette phrase : « En Israël, personne n’aime déballer ses fantômes ». On peut aisément les comprendre. Ils aimeraient tellement mieux vivre en paix et consacrer leur vie à autre chose. Pas facile de se mettre à leur place.

 

Donner son avis sur un film ou sur un livre est toujours un exercice très subjectif. Ce film d’hommes interprété par des hommes, a déclenché en moi des réactions très féminines : de la peine et de la compassion pour les mères de ces soldats. ces femmes qu'on ne voit pas dans le film mais dont, à l’intérieur du tank, il est fréquemment question dans les moments d’accalmie. Les parents, et surtout les mères, sont omniprésents. On ne peut sortir de ce film sans ressentir de la tristesse pour la mère d’Ygal (dont c’etait la première mission) et qui ne reverra jamais son fils. On ne peut pas non plus sortir du film sans avoir mal pour cette mère libanaise qui cherche son enfant mort, et qu’un soldat israélien sauve en lui arrachant sa robe en feu, lui envoyant immédiatement d’une main le premier morceau de tissu qu'il trouve pour couvrir sa nudité tout en continuant le combat de l’autre main.

 

Samuel Moaz a dédicacé son film à une femme, « Laura » (probablement sa femme puisqu’il n’a pas de fille).  Très humblement, je dédie  cet article à d’autres femmes : « Orit » à Tel Aviv  qui voit son fils grandir en avalant déjà des  antidépresseurs,  angoissée d’avance en songeant au moment où il va la quitter pour trois ans ; « Ruth » qui prie tous les jours depuis plus de dix ans en voyant partir ses cinq fils les uns après les autres et qui ne respire que lorsqu’elle a de leurs nouvelles ; et enfin à Yesham qui n’avait qu’un mot dans la bouche l’autre soir : PAIX.

 

Voilà le mot est lâché, on sort de ce film de guerre en ne souhaitant qu’une chose encore plus fort qu’avant : LA PAIX. Parce qu’elle est impérative, il faut encourager tous les dialogues, se respecter et respecter l’autre, et arriver un jour à se comprendre l'un l'autre pour éviter toutes les guerres quelles qu’elles soient. Vous direz que je suis une utopiste. Peut-être, mais sans l’utopie il n’y a pas d’espoir, et seul l’espoir donne envie de vivre.

 
Légende photo : Article Elle Magazine du 29 janvier 2010 et du Monde Magazine du 30 janvier 2010.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

pour m'écrire chantalsutton@justinteresting.com
Voir le profil de justinteresting sur le portail Overblog