Mercredi 26 octobre 2011
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Sans l’éditorial de Daniel Schneidermann
sur
Rue 89** le lendemain de la libération de Guilad Shalit, je n’aurais probablement rien écrit sur ce blog à ce sujet. Le jeune homme est enfin chez lui auprès de sa famille
après tant d’années et on pouvait enfin être heureux pour eux. Sauf que….. le ton et les mots de l’article du journaliste d’Arrêt sur images m’ont gênée et presque irritée.
Le 20 décembre 2007, j’avais exprimé mon émotion sur le sort d’Ingrid Betancourt sur ce blog. Concernant Guilad, le 6 octobre 2008, j’avais interviewé Claude Goasguen parce qu’il avait été le
premier maire de France à afficher le portrait de Guilad sur sa Mairie, dans le XVIe arrondissement de Paris. Puis, le 26 octobre 2008, Justinteresting avait couvert la conférence de presse de
Noam (le père de Guilad).
J’ai toujours défendu la liberté de la presse et le respect des journalistes. Alors pourquoi cet article-là ne passait-il pas ? Du coup, j’ai voulu interroger par mail tous les
candidats aux élections législatives de 2012 qui se présentent dans la 8èmecirconscription des Français de l’Etranger (celle qui regroupe Chypre,
Israël, Italie, Malte, San Marin, Turquie et Vatican) afin de recueillir leur propre perception de cette «réflexion matinale d’un journaliste ».
Daphna Poznanski, Gil Taieb, Philippe Karsenty m’ont communiqué leur sentiment sur l’article de D. Schneidermann. M. Amiach ayant demandé à ce que sa réponse paraisse soit in extenso, soit
pas du tout, elle ne paraitra donc pas finalement dans cet article. (pour mémoire les articles en juin et juillet 2011 sur ce blog - rubrique France-Israël)
Voici les extraits significatifs de ces réponses :
Daphna Poznanski
« Daniel Schneidermann, le journaliste français fondateur de l’émission « Arrêt
sur images », n’a pas compris pourquoi les médias français ont traité, dit-il, la libération du franco-israélien Guilad Shalit « comme un événement national » et s’est
interrogé sur cette « bizarrerie » en précisant que dans « franco-israélien », il y a « franco », mais aussi « israélien », et donc, que les médias
auraient dû traiter l’événement avec la même retenue qu’un fait de politique étrangère. Vous vous souvenez de la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt et de la liesse en France le
jour de sa libération ? …..
…..les Français résidant hors de France sont pour moitié des
binationaux. Ces mêmes Français pour lesquels le Rapport Goasguen prônait la suppression de la
bi-nationalité en mai dernier, Rapport gelé pour cause d'élections. Et lorsqu’on remet en cause
les droits des binationaux, ce sont ensuite et par une extension naturelle, les droits de tous les Français de l’Etranger qui sont visés. Un exemple : des députés UMP dont Edouard Courtial,
le nouveau Secrétaire d’état aux Français de l’Etranger - depuis sa nomination, il s’est rétracté -, ont déposé une proposition de loi en mai réclamant la perte de la nationalité française pour
les Français vivant hors de France qui ne paieraient pas leurs impôts en France. Proposition de loi d’ailleurs en contradiction avec les conventions fiscales signées par la France avec 124
pays…..
…..la bi nationalité n’est pas « une bizarrerie » ni une menace diffuse pour la
France. Elle constitue un bien précieux, une richesse culturelle, une promesse de solidarité et d’espoir. Les binationaux représentent d’efficaces agents de rayonnement culturel et économique
pour la France. Les Français résidant hors de France et parmi eux, les binationaux, incarnent les traces vivantes de l’histoire de France, celles de ses relations avec les nations du monde.
Stigmatiser les Français vivant hors de France et parmi eux, les binationaux, c’est préférer une France apeurée, resserrée sur elle-même, loin de la dynamique d’un monde riche de sa diversité.
Cette vision de la France n’est pas conforme à la mission de la France. Elle n’est pas conforme à son génie. »
Gil Taïeb
« Cet article n’a pour objectif que de choquer et polémiquer. Les 5 années de calvaire de Guilad enlevé en territoire israélien par des terroristes du Hamas et n
ayant bénéficié d aucune visite des organismes méritaient enfin un traitement important par les médias. Ceux ci ayant occulté sa détention se devaient au moins de couvrir sa libération
!
…..Schneidermann par la remise en cause de la nationalité française de Guilad Shalit remet en cause un des principes fondateur
de la république française et rejoint les thèses défendues par l extrême droite française. Les centaines de milliers de bi nationaux vivant entre autre en Israel se trouvant ainsi montrés du
doigt et visés. »
Philippe Karsenty
…. Au sujet de Guilad Shalit, D.Schneidermann reflète bien l’information qui a été transmise par
les médias français et la perception qui fut celle de nos citoyens. Pendant plus de 5 ans, les médias français ont nié la relation qui unissait Guilad à la France.
...Sans l’opiniâtreté et l’intelligence de Yohann Taïeb et Jonathan Curiel, Guilad Shalit n’aurait même jamais été comptabilisé parmi les otages français comme il le fut en fin
captivité.
….Néanmoins, connaissant Daniel Schneidermann, on ne peut s’empêcher de penser que
l’idéologie a aussi joué un rôle dans sa réaction.
S’est-il insurgé du tapage fait autour de la libération, ou même de la captivité d’Ingrid Betancourt ? Rappelons-lui, au cas où il l’aurait oublié, que Mme Betancourt fut enlevée en Colombie
alors qu’elle faisait campagne pour l’élection présidentielle… colombienne !
....J’ajouterai que l’ignoble parallèle qu’il fait en fin d’article
en mettant sur un même plan Guilad Shalit et les « 1000 Palestiniens libérés » est assez révélateur. Rien ne le choque dans le 1 innocent contre 1000
criminels….. »
Et pour conclure, je vous propose un extrait de vidéo amateur de 3 minutes du discours de Claude Goasguen, dimanche dernier lors du décrochage du portrait de
Guilad Shalit sur le fronton de sa Mairie. Les mots y ont un sens et cette « liesse-là » était bien sincère.
Pour toute réaction à cet article : contact du mail :
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**Pour mémoire éditorial de M. Schneidermann que voici en cliquant sur ce lien :