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Chantal Sutton
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Créé en septembre 2007 pour partager mon intérêt sur des sujets d’actualité à travers
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JUSTINTERESTING : En quelques chiffres, comment se porte votre magazine par ces temps de crise ?
François KERMOAL : Stratégies a terminé l’année 2008 avec très exactement 13.687 exemplaires de diffusion totale dont 12.155 exemplaires payés. C’est ce que nous avons déclaré à l’OJD. C’est l’un des rares titres de presse payante à voir sa diffusion progresser d’une année sur l’autre. On ne pavoise pas car les temps sont difficiles mais c’est une vraie performance. Notre site Internet strategies.fr, que l’on vient de relancer, se porte aussi très bien.
J : De par vos fonctions, vous rencontrez de nombreux annonceurs et publicitaires, sentez-vous un « véritable arrêt » des investissements publicitaires ? Et si oui, pensez-vous que cet état de chose risque de durer encore longtemps ?
F.K. : Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si on en croit les piges des uns et des autres, on a assisté à un net ralentissement en ce début d’année. Après, je ne suis malheureusement pas devin même si j’aimerais beaucoup vous rassurer ! On parle d’une crise qui va durer un an, voire plus. Franchement, personne ne sait. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il ne faut pas arrêter d’innover, d’avoir des idées, de s’amuser aussi.
J : A votre avis, quel domaine de la communication souffre le plus de cet attentisme ?
F.K. : Tout le monde souffre, à part peut être les entreprises Low Cost, ce qui est assez compréhensible et celles qui surfent sur les nouvelles technologies de l’information, même si les années fastes sont derrière nous. Du côté des médias, la presse souffre beaucoup sur le plan publicitaire. En même temps, elle est toujours à la recherche d’un modèle économique sur Internet. Sur le papier aussi, il faut essayer d’innover. Ce n’est pas toujours simple mais quand on y arrive, quand on essaie d’être à l’écoute des lecteurs, ça fonctionne. C’est, modestement, ce que l’on essaie de faire à Stratégies.
J : Les agences « dégraissent » apparemment en France. Avez-vous une idée de l’attitude des agences publicitaires hors de France ?
F.K. : Elles font la même chose, elles suppriment des emplois. Cela commence d’ailleurs souvent aux Etats-Unis, où se trouvent certains des grands groupes de communication… Puis ça vient chez nous. En même temps, certains entrepreneurs n’hésitent pas à se lancer, à trouver de nouvelles formes de services. Je pense par exemple à la nouvelle agence Vingt-neuf, qui essaie de surfer sur la crise. C’est très malin. Les crises ont toujours engendré de belles histoires. On dit que le Monopoly, qui a fait la fortune de son inventeur, a été inventé pendant la crise de 29. Vrai ou faux, c’est sympa d’y croire.
J : Quel est votre avis sur la publicité via les téléphones mobiles ?
F.K. : Chaque individu, ou presque, a un mobile. C’est donc une formidable opportunité. Ensuite, la question est de savoir, quand on est une marque, comment on communique sans être trop intrusif. Personne n’a envie de recevoir des spams sur son mobile. Mais c’est clairement une source de développement.
J : Quel est votre point de vue de « citoyen » par rapport au manque « d’entrain » (c’est un euphémisme) des Français ?
F.K. : C’est souvent un état d’esprit, une sorte de pessimisme ambiant qui mine toutes les bonnes initiatives. Par certains côtés, la France vit encore sur de vieux schémas. C’est vrai que nous Français manquons d’enthousiasme. En même temps, tout le monde n’a pas la chance d’avoir du travail et de déjeuner dans des endroits à la mode. Je ne suis pas toujours de bonne humeur mais je considère déjà comme une grande chance de me lever le matin en bonne santé. Je ne me sens pas le droit de me plaindre. Ce que je fais pourtant quelquefois, j’avoue…
J : Pourrions-nous finir sur une note d’optimisme : qu’est-ce qui, à votre avis, pourrait faire que le monde reparte correctement et que le business reprenne ?
F.K. : Si une recette miracle existait, ça se saurait… Mais j’ai l’impression que rien ne se fera si la confiance ne revient pas, d’une manière ou d’une autre. Alors on y croit !
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achevé de rédiger le 24 février 2009.