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JUSTINTERESTING

Cinema, Théâtre, Spectacles mais aussi vie quotidienne.... à partir du moment où c'est ..."Justinteresting".

« En quel honneur ? » Livre d’Eric Revel -Timée Editions..

 
undefinedParmi les livres qui viennent de paraître, celui d’Eric Revel se distingue.
« En quel honneur ? » C’est la question que s’est posée Eric en recevant la légion d’honneur en 2007 des mains de Christine Lagarde, Ministre de l’Economie et des Finances. En quel honneur ? C’est aussi la question que lui ont posée quelques méchantes langues. Parce que dans la France d’aujourd’hui, un journaliste qui accepte de recevoir une telle distinction est  toujours « suspect de servir le pouvoir en place ».
 
C’est cette légion d’honneur -qui a été demandée par un autre que lui du temps de Jacques Chirac et qui, du fait du timing, lui a été remise sous la présidence de Nicolas Sarkozy-  qui a déclenché ce livre.
 
Eric Revel, c’est le journaliste de LCI qui interroge tout ce qui compte de l’économie et de la finance au cours de ses émissions quotidiennes sur la chaîne.

Mais Eric Revel, c’est aussi ce petit garçon de Nanterre, dont le grand-père était communiste, qui veut réaliser un rêve : devenir journaliste. Difficile d’y croire lorsqu’on vit dans une cité, au sein d’une famille d’ouvriers. Mais la vie est quelquefois bien faite. Ses professeurs d’économie à l’Université sont Raymond Barre, Dominique Strauss-Kahn et Philippe Herzog.
 
La carrière d’Eric commence le jour où, allant à la rencontre d’un sculpteur hongrois,
il croise François Mitterrand qui vient de commander une œuvre. Et voilà Eric embarqué à Budapest dans l’avion présidentiel pour inaugurer cette fameuse statue.
 
 
Lorsqu’il tente de passer son diplôme de journaliste, il se fait recaler aux épreuves finales. Et il découvre qu’aucun journaliste ne peut réellement être objectif. « Mission impossible, écrit-il, personne n’est objectif, consciemment ou inconsciemment ». Son épreuve consistait à classer un paquet de dépêches d’agences par ordre d’importance ;  « Cruel dilemme, l’info sur Israël,  avant ou après le télégramme sur les Palestiniens ?.... j’ai choisi Israël pour la Une. L’examinateur était plutôt pro-palestinien. Pas de chance ». Il échoue mais lance au jury « Ce n’est pas vous qui m’empêcherez d’être journaliste ».
 
 
Ensuite en 1990, Eric entre à la Côte Desfossés (aujourd’hui La Tribune)  -(c’est là que nos carrières se sont croisées, cher Eric, j’étais alors chez Paribas)-  qui le fait à nouveau voyager avec Mitterrand, cette fois-ci au Pakistan et au Bengladesh. C’est là qu’il réalise qu’il existe « un journalisme de cour et un journalisme de terrain ».
Il choisit le second. Pour Eric Revel, tout journaliste est forcément « subjectif ». Même un journaliste courageux est soumis à sa propre censure (inconsciente ou non) lorsqu’il aborde un sujet.
 
 
 
 
Au début du livre, il raconte les personnalités rencontrées au cours de sa carrière ; mais ce n’est pas cette partie qui a déclenché mon intérêt sur cet ouvrage, nous avons tous plus ou moins eu l’occasion d’en rencontrer dans ce type de métiers.
 
L’intérêt de ce livre réside dans les questions que se pose un bon journaliste et qu’il décrit avec beaucoup de vérité. Il explique que « la mémoire est une obligation absolue pour le journaliste. A défaut, n’importe qui peut facilement vous faire avaler n’importe quoi ». Il réside aussi dans la description de la volonté farouche qui fait réussir même lorsqu’on vient d’une famille modeste et que l’on a vécu son enfance dans une Hlm de banlieue. Il existe aussi dans les « vraies bonnes questions » qu’il pose en tant que citoyen : « Est-il plus difficile, aujourd’hui, de « s’en sortir » lorsqu’on s’appelle Mohamed et qu’on habite un quartier de banlieue où la drogue s’est invitée dans la rue ? Sans doute, peut-être, je ne sais pas ». Et il ajoute plus loin « je ne crois ni aux quotas, ni au CV anonyme… je crois au travail et à l’ambition. »
 
Et il termine son livre (illustré en milieu d’ouvrage par des photographies qui font découvrir une facette personnelle et affective d’Eric que l’on sait plutôt discret et introverti) sur des extraits des chansons de Serge Lama dont les textes ont tant marqué l’enfant puisant dans les mots la force de s’en sortir. Certains extraits lui rappellent son père ouvrier qu’il décrit avec pudeur, ou sa mère « agenouillée usant sa vie à la paille de fer et à l’encaustique ».
 
Et il s’en est sorti, et il est devenu journaliste, et on le reconnaît dans la rue, et il a reçu la légion d’honneur. Il conclut,  s’adressant aux jeunes des banlieues : « Ne baissez pas les bras avant de les avoir levés pour saisir votre chance ! Gilles, Ahmed, Fred et les autres, je vous le jure : rien n’est foutu d’avance ».
 
Un livre qui se lit bien, qui se lit vite et qui pourrait peut-être redonner de l’ambition à ceux qui n’y croient plus dans les quartiers dits « difficiles ».
 
 
Cs
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