Le Cac 40 est
depuis quelques semaines autour de 3000 points. Faut-il croire à un début de reprise de la croissance ou au moins à un sursaut de confiance ?
Quels conseils peut-on donner à des clients privés ou institutionnels en ces périodes difficiles ? Justinteresting a posé ces questions à Samuel Pinto, Directeur Général de La Compagnie
Financière St Honoré (groupe LCFR).
Samuel Pinto : La crise est structurelle et très profonde. Les consommateurs américains
d’abord se sont aperçus des erreurs faites depuis plus de dix ans et sont actuellement très endettés. L’Europe, dans une moindre mesure, est en train
de suivre. Nous sommes aujourd’hui dans un rééquilibrage de valeurs. Le président Obama prend les bonnes mesures pour redresser les Etats-Unis, et
les B.R.I.C. (marchés émergents) qui se développaient essentiellement sur les achats par les Américains, devraient avoir moins d’excédents.
D’où rééquilibrage entre ces deux zones.
Justinteresting : Quid de l’Europe ?
Samuel Pinto : Les entreprises ont vite réagi en réduisant les coûts et en supprimant du personnel. Et elles l’ont fait très vite : sur un
an, 10 à 20 % de baisse des coûts, c’est énorme. Il s’agit de savoir aujourd’hui, ce que l’on va reconstruire et comment. Quant aux investisseurs,
ils se sont réfugiés sur des obligations d’Etat qui rapportent peu mais qui les sécurisent. S’il y a
reprise économique, les bénéfices pourraient apparaître très vite. Les entreprises « survivantes » seront saines et gagneront des parts de
marché, et l’effet de levier sera très fort. Tout va très vite dans un sens comme dans l’autre à notre époque.
J : Que conseillez-vous à vos clients ?
SP : Je crois qu’il faut commencer à profiter doucement des opportunités de la crise. Beaucoup d’actifs sont tombés trop bas. Il faut profiter des affaires qui vont se présenter. Il y a énormément de liquidités d’un côté et des actifs à très bon marché de l’autre. En bourse, certaines valeurs ont chuté de 50 à 60 % ce qui ne correspond pas à la vraie valeur de l’action. Elles remonteront forcément et offriront des rendements de 5 à 6 %. Je pense que nous allons passer de « l’angoisse des liquidités » à « l’angoisse de la performance ». Les investisseurs ne pourront pas rester en cash très longtemps.
J : Se remettre à acheter dans quels pays ?
SP : Je conseille de se positionner sur les valeurs américaines et sur les valeurs des BRIC (en particulier Inde, Chine, Brésil, Corée, Taiwan). Cette zone a pris 30 % en bourse en 1 mois. En Europe, je citerai certaines valeurs telles que St Gobain, Lafarge et Publicis.
J : Comment voyez-vous la reprise en France ?
SP : Comme le dit mon Président, Michel Cicurel, l’Europe aura une « croissance svelte ». La France est moins touchée que l’Espagne ou l’Angleterre. Les entreprises qui survivront, gagneront des parts de marchés et très rapidement. Il y a en France des leaders mondiaux qui se redéploieront dès que le contexte sera meilleur. Sous réserve d’un changement de comportement, je ne crois pas à une dépression longue dans notre pays.
Terminé de rédiger le vendredi 17 avril 2009.
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Bruno Walther fait partie de la génération qui a vécu l’installation des ordinateurs à l’école. Cet
autodidacte de 37 ans les a décortiqués et analysés dans tous les sens avant de s’intéresser au pouvoir du contenu.
